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Sunday, October 21st 2007, 7:14pm

Ellada Ultima, une chronique

[HRP]
A la demande des membres de mon Alliance, je compose un RP racontant l'histoire de notre communauté. J'espère qu'il vous plaira.
J'ai lu les règles de la section Role Play et je pense que c'est ici l'endroit le plus approprié pour poster ce travail. Sinon, toutes mes excuses aux modérateurs et aux lecteurs.
[HRP]

La scène du rhéteur s'illumine soudain, et le jeu de la lumière et de l'ombre anime les fresques anciennes qui bordent l'estrade, au bas de l'immense amphithéâtre. Une silhouette est là qui attend, dans le silence et l'immobilité - en cela, semblable à celle des orateurs de marbre, exposés en atlantes, dominant l'amphithéâtre qu'ils toisent de leurs yeux de statues.
"Vous tous, fait l'homme qui attend, regardez, écoutez !"
Bien que calme, sa voix perce le silence cependant que ses mains s'écartent. Le capuchon de son manteau se relève, révélant son regard d'émeraude et son expression tranquille.
L'auditoire attend, contemplant dans le silence l'orateur qui se déplace à présent, le regard fixé dans le lointain, ses mains tendues paumes ouvertes vers l'amphithéâtre.

"Le Destin confie à tout être en ce monde un rôle - un fardeau à soutenir - une joie qui doit être maintenue. Ainsi, le Destin a voulu que soit formée, sous mon impulsion, une communauté de nations fières et libres, unies autour d'un serment commun.
"Vous tous, qui êtes venus ici pour me contempler sur la scène, ma voix vous fera la chronique de cette grande communauté, ainsi que celle de son serment. Puisse cette histoire vous distraire et vous éclairer.
"A présent, vous tous, regardez, écoutez ! Car c'est par ma voix que démarre l'histoire de l'Ellada Ultima."

Chapitre I : Débuts d'une communauté millénaire.

On raconte qu'aux temps de l'origine, ils étaient trois, venus en ces lieux sur le conseil d'une rumeur. Il se disait que cet Univers recelait de grands espaces vides, propices à l'expansion et à la gloire des audacieux. Ainsi, par leur choix déterminé, les Premiers, qui furent le Duc Leto des Atréides, le Naib Faroux et l'Orateur Anudar Bruseis, traversèrent seuls l'espace jusqu'à leurs nouvelles demeures... jusqu'en ces lieux de guerre et de querelle.
Ils s'étaient déjà entendus, avant même que leurs nouveaux mondes ne disposent des prodiges technologiques sans lesquels le voyage spatial est impossible. Ainsi, lorsqu'ils eurent trouvé leur place, ils choisirent d'unir leurs destins.
Et la voix solitaire d'Anudar se fit entendre, pour la première fois :

"Ô peuples du Seizième Univers ! Nous trois, le Duc Leto, le Naib Faroux et moi-même, avons décidé de faire nôtre le choix des Spartiates aux Thermopyles..."
Ainsi, les Premiers prêtèrent-ils leur serment, celui de périr pour obéir à leurs chères lois. Et ainsi, l'Ellada put-elle commencer son ascension.

Trois pour commencer, puis quatre, puis six, puis dix : d'autres en effet entendirent le serment des Spartiates et choisirent de s'y rallier.
Certains d'entre eux ne restèrent pas longtemps, appelés par d'autres affaires, et leurs noms furent oubliés de la plupart. D'autres restèrent plus longtemps avant de partir, attirés par d'autres voix - jamais oubliés pourtant, leurs noms et leurs couleurs flottent toujours au-dessus de la maison commune de l'Ellada, tous rassemblés autour de la bannière à fleurs roses de l'Héroïne Caram_elle, dont le titre de Marpessa signifie Reine des Amazones. D'autres enfin restèrent bien longtemps, et parmi eux, il y avait des souverains destinés à devenir Héros - ainsi, master_killers qui remporta le titre de Menelas, et Kalude16, devenu FreeMan puis AdrastE, dont la victoire éclatante sur son ennemi lui valut le titre de Theseos, conquérant du Minotaure.
Car, en ces temps anciens, l'enthousiasme de l'Ellada ne connaissait pas de limites, cependant que sa volonté conquérante la portait toujours au plus haut, et que ses efforts diplomatiques la conduisaient à former de puissantes alliances avec d'autres communautés.

Dans les brumes du passé de l'Univers, résident les souvenirs de communautés à présent éteintes. D'autres survivent encore, sous la même forme ou sous une autre.
Le Naib Faroux devait un jour signaler, aux tout premiers temps de l'Ellada, un accrochage militaire avec une communauté redoutable... celle du Sol Invictus. L'adversaire était pourtant raisonnable et la diplomatie suffit à éviter un conflit qui aurait été le premier de l'Ellada. Celle-ci établit une relation de respect mutuel avec le Sol Invictus - et garda bien longtemps des contacts avec des souverains de cette communauté lorsqu'elle cessa d'exister.
L'Orateur Anudar Bruseis repéra un jour une communauté amicale, dont le fonctionnement et l'influence étaient similaires à ceux de l'Ellada. Il établit le contact avec les dirigeants LANAXES et, après avoir consulté les siens, requit d'eux qu'un pacte de soutien mutuel soit conclu. Lorsque les négociations prirent fin, la communauté LANAXES s'était scindée ; mais de ses ruines était sortie une autre puissance, celle des OLCHO, avec laquelle les dirigeants de l'Ellada signèrent un pacte total - le premier qu'ils aient jamais conclu.
La Marpessa Caram_elle parcourait le vaste Univers, en quête de nouvelles proies ainsi que d'amis, et se lia ainsi à une alliance de guerriers dont la réputation proclamait qu'ils n'avaient peur de rien ; un pacte fut conclu avec eux - mais lorsqu'il fut renié à l'heure du besoin, leur nom fut effacé de tous les enregistrements elladiques. Bien rares sont ceux qui se souviennent encore de la grande trahison de cette alliance dépourvue de parole.
Le Duc Leto des Atréides, contraint à une moindre activité pendant une longue période, eut maille à partir à un voisin. Une longue série d'incidents qui aurait pu évoluer en conflit ouvert se conclut, bien au contraire, par l'établissement du pacte le plus solide jamais signé par l'Ellada : le jumelage avec la Magic Corporation.

"Les jalons sont à présent posés, fit l'Orateur Anudar. Bientôt, s'ouvrira l'histoire du premier conflit de l'Ellada... Celui de la guerre contre les Bivouak/TotalA."

This post has been edited 2 times, last edit by "Anudar Bruseis" (Nov 14th 2007, 2:24pm)

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2

Tuesday, November 6th 2007, 5:11pm

géniale notre histoire anudar :]
je post aussi pour que anudar puisse vous raconter la suite (a sa demande )
uni17=>Top 200

Quoted

Mess: mais on t'aimeuuuuuuuuuh sylvanus
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3

Wednesday, November 14th 2007, 2:23pm

Chapitre II : La première guerre

"Nos rangs s'accroissent, fit le Naib Faroux. Notre Ellada rassemble à présent plus de vingt nations, dont certaines sont encore trop faibles pour prétendre agir au même niveau d'influence que les plus fortes. Cela pose problème.
_
Certaines communautés possèdent une académie militaire, répondit le Duc Leto. Peut-être pourrions-nous choisir d'ouvrir une telle... wing, ainsi que cela s'appelle ailleurs dans l'Univers..."
Ainsi le Triumvirat des fondateurs de l'Ellada choisit-il d'ouvrir une Académie pour accueillir ses membres les moins avancés... mais le Naib, ne voulant pas qu'elle soit appelée "wing", réclama qu'un autre nom soit trouvé.
Et l'Orateur Anudar déclara :
"
Aux temps de l'antique Ellada, la Cité de Sparte possédait une institution destinée à modeler ses fils en soldats... Notre Académie enseignera aux nations les plus faibles la science et l'art de la vie en cet univers de guerre et de querelle - et son nom sera, pour cette raison, renommé en tous lieux. Notre Agogê fera honneur à celle des Spartiates."
Alors, les chefs de l'Ellada soumirent leur idée à leurs compagnons ; et devant leur adhésion, ils cherchèrent deux chefs d'exception pour former l'Agogê.
Les rangs de l'Ellada comptaient un peuple audacieux, dirigé par un homme au talent aussi intense que son rire ; sur la proposition du Triumvirat, Arcavirgo devint l'Ephore de l'Agogê.
Venu d'un univers lointain, le même duquel provenaient le Naib, le Duc et l'Orateur, vint un nouveau peuple, celui de Miles Teg, qui devint le Bashar de la nouvelle Agogê.
Ainsi, l'Ellada connut sa première réorganisation. A la bannière de SPARTE, s'ajouta celle d'AGOGE, et au Triumvirat des fondateurs s'ajoutèrent deux Magistrats.

L'Agogê de l'Ellada prospéra sous la protection des vaisseaux des nations aînées. De nouveaux peuples, toujours plus nombreux, choisirent de rallier le serment elladique ; et dans le même temps, l'influence croissante de l'Ellada lui permit d'améliorer sa base de pouvoir, cependant que sa voix devenait toujours plus puissante au sein de l'Univers.
Au sein de l'Ellada, cette époque est connue comme le Premier Âge d'Or. Car l'Univers d'alors était jeune, et les haines aujourd'hui anciennes étaient encore neuves. Pourtant, ce fut en cette heure que l'Ellada fut confrontée à son premier conflit.


L'Agogê devint une maison commune pour tous ceux qui avaient choisi de rallier le serment elladique. Bien plus qu'une simple Académie d'enseignement militaire, elle était devenue l'endroit où les nouvelles nations de l'Ellada se formaient aux coutumes venues du fond des âges.
Car l'Ellada fut, dès son origine, une démo-méritocratie où la voix de l'un équivaut toujours à celle de l'autre, et où les titres de gloire sont acquis et non accordés. Le plus humble des nôtres peut s'élever jusqu'à la charge de Polémarkhos si son talent le qualifie pour cette charge, et si la Boulê l'appelle à cette tâche - Boulê à laquelle les Agogêoï tout comme les Homoïoï possèdent le droit de Cité. Devoir et Mérite - tels sont les maîtres mots qui ont fait le succès et la solidité de l'Ellada, et qui l'ont soutenue jusqu'en ses heures les plus sombres.
La plupart des membres de l'Ellada firent honneur aux lois qu'ils avaient juré de servir jusqu'au sacrifice ultime, y compris ceux qui s'en allèrent sous d'autres cieux - et dont les noms restent gravés dans le marbre ancien de la Boulê : nul à l'Ellada ne peut oublier le souvenir de Caram_elle, et d'Henrietta, et de Clémentiel, et de HardGamer, et de tant d'autres dont les pas foulèrent le sol aux côtés des Héros de la légende. Il s'en trouva d'autres pourtant pour trahir leurs lois - et leurs noms, depuis, sont anathèmes.

Les dirigeants de l'Ellada étaient alors rassemblés sur Gamont, la planète-paradis, gérée alors par le Tenancier Seurat, pour un banquet informel célébrant la fin d'une session parlementaire de la Boulê. Le ciel hivernal, pur et dégagé, se piquetait d'étoiles avec l'avancement de la soirée. Les rires résonaient dans l'air réchauffé par les braseros de palme et de laurier - lorsque soudain l'Agogêos Nurgle se leva de sa place, contemplant avec colère le message qu'il venait de recevoir à son bracelet de données.
"
Par Zeus ! s'écria-t-il, saisi d'épouvante. Le scélérat Vitrail m'attaque encore !
_
Qui est ce Vitrail dont tu parles ? demanda aussitôt l'Orateur Anudar.
Et sur un geste qu'il fit, un écran holographique apparut au-dessus de la table du banquet.
"
Alliance Bivouak, fit le Bashar Miles Teg. Jamais entendu parler.
_
Ce nom ne m'est pas inconnu, fit la Marpessa Caram_elle en s'approchant pour mieux voir. Voyons... Je crois savoir que les Bivouak ont des liens avec les TotalA.
_
Tu es notre meilleure diplomate, lui dit Anudar. Nous n'avons eu encore aucun contact avec les Bivouak ou les TotalA. Cependant, la réputation de ces derniers m'est parvenue aux oreilles..."
Les autres s'étaient pendant ce temps rapprochés de l'écran, intrigués.
"
Pourquoi donc as-tu dit qu'il t'attaque encore ? voulut savoir le Naib Faroux.
_
Cela fait plusieurs fois qu'il vient se servir dans mes stocks, répondit Nurgle. J'ai commis une erreur à sa première attaque... J'ai changé ma façon de faire. Cependant, il semble considérer que je suis une cible intéressante.
_
Fais-nous voir tes rapports de combat, réclama Faroux de sa voix grondante.
Tous examinèrent les données aussitôt présentées par Nurgle, toute idée de banquet oubliée.
"
La première attaque était en effet fort intéressante pour lui, conclut le Duc Leto. Pourtant, les suivantes sont à la limite de la rentabilité... Peut-être faudrait-il lui signaler qu'il nous déplaît de voir l'un des nôtres soumis à ce genre de harcèlement ?
_
L'idée me plaît, approuva l'Ephore Arcavirgo. L'Agogê est une Académie, avant toute chose, protégée par la diplomatie et la force de toute l'Ellada. Nous ne devons pas laisser l'un des nôtres dans le souci.
_
Caram_elle, peux-tu t'en charger ? demanda Leto.
La Reine des Amazones lui adressa un sourire.
"
Mais avec plaisir, répondit-elle.
_
Ah, Caram_elle, fit Anudar, que ferions-nous sans toi !"
Contact fut ainsi pris auprès des Bivouak. Un message fut envoyé au seigneur Vitrail cependant que la Marpessa Caram_elle se rendait au quartier général des Bivouak, porteuse de la requête amicale de l'Ellada :
"
A l'attention des dirigeants Bivouak, de la part de la Boulê de l'Ellada :
Nurgle, dirigeant de l'une des nations fédérées de l'Ellada, signale une série de raids sur ses mondes, de la part d'un de vôtres, dénommé Vitrail. L'Ellada ne saurait admettre que l'un des membres de son Agogê soit soumis au pillage répété des fruits de son labeur et requiert donc, en toute amitié, qu'il soit mis fin à ces actes inacceptables.
Nous attendons avec patience la réponse officielle des Bivouak, en espérant qu'elle soit conforme à nos attentes.

Pour obéir aux lois.
"
Mais, quelques heures plus tard, Caram_elle envoyait un message urgent à la Boulê : "
Les dirigeants Bivouak refusent d'appuyer notre requête auprès de Vitrail. Ils considèrent que les attaques dont Nurgle se plaint sont justifiées. La Boulê a-t-elle une réponse à me communiquer pour transmission ?"
Réunis en urgence, le Triumvirat des fondateurs et les Magistrats de l'Agogê s'entretinrent avec les dirigeants elladiques disponibles pour formuler une réponse appropriée. A la demande de la Boulê, l'Orateur Anudar formula un message à la tonalité plus menaçante, qui fut aussitôt transmis aux Bivouak par l'intermédiaire de la Marpessa toujours présente sur place :
"
A l'attention des dirigeants Bivouak, de la part de la Boulê de l'Ellada :
Nous recevons votre réponse avec surprise et déplaisir. Nous pensions avoir expliqué, en termes clairs et justifiés, notre souhait de voir les attaques de Vitrail prendre fin. Si le conseil Bivouak ne souhaite pas faire entendre raison à Bivouak, nous prendrons nous-mêmes les décisions nécessaires.
Soyez certains que nul ne dira, maintenant ou à l'avenir, que l'Ellada n'a pas défendu l'un des siens.

Pour obéir aux lois.
"
La réponse des Bivouak fut tranchante.
"
Le conseil Bivouak ne pliera pas devant les menaces à peine voilées d'un gang tel que le vôtre. La conduite de Vitrail est tout à fait justifiable, au contraire de ce que vous prétendez. Du reste, si vous considérez qu'il est de votre devoir de protéger Nurgle en éliminant le potentiel de Vitrail, nous nous considérons nous-mêmes libres d'adopter les mesures nécessaires à la protection de Vitrail.
A tout hasard, nous avons d'excellents contacts avec l'Alliance TotalA, qui se ferait un plaisir de venir nous prêter main-forte au cas où vous tenteriez de nous contraindre à faire ce que nous ne souhaitons pas.
Gardez-donc vos menaces pour vous, enseignez à Nurgle les règles élémentaires de survie en ces lieux, et tout ira pour le mieux pour lui comme pour tout le monde.
"
Lorsque Caram_elle fut revenue sur la planète centrale de l'Ellada, la réponse des Bivouak avait déjà été publiée, suscitant une vague d'indignation sans précédent. Pourtant, la Boulê vota une nouvelle résolution, souhaitant laisser une dernière chance à Vitrail et aux Bivouak. Il fut décidé, malgré l'insistance de plus en plus puissante d'un parti de la guerre tout juste apparu, de réclamer l'ouverture de négociations officielles avec les Bivouak.
"
Nous devons laisser une chance à la raison et à la paix, avait déclaré le Triumvirat, exprimant ainsi la volonté d'une majeure partie de l'Ellada. Les Bivouak vont finir par céder, la chose est certaine."
Mais les jours passèrent sans aucune amélioration. Les attaques de Vitrail ne cessèrent pas, malgré les efforts redoublés de Nurgle pour mettre ses biens à l'abri. De plus, des sondages répétés de la part des alliés Bivouak de Vitrail, ainsi que d'autres attaques de leur part sur d'autres étudiants de l'Agogê, firent sur l'Ellada l'impression désastreuse d'une tentative d'intimidation. A la Boulê, les voix s'élevaient toujours plus nombreuses pour réclamer un exemple :
"
Nous ne réclamons que le respect pour notre communauté ! avait déclaré Citronman, devenu en quelque sorte le porte-parole du parti de la guerre. Nous sommes forts, nous n'avons rien à craindre !
_Il ne faut pas négliger le risque de voir les TotalA voler au secours de leurs amis Bivouak, avait temporisé Anudar.
_
Et à quoi servent donc ces pactes que nous avons signé ? avait riposté Citronman. C'est toi qui avais raison, nous en voyons à présent l'utilité ! Nous disposons grâce à Caram_elle d'un soutien militaire puissant - et grâce à toi, nous possédons aussi l'appui des OLCHO ! L'Ellada est forte, elle est soutenue par des alliés sûrs. Je le dis, nous pouvons imposer notre volonté sans rien craindre !
_
N'oublie pas, Citronman, que ta contribution à cette guerre si elle a lieu sera des plus limitées, avait marmonné Faroux dans sa barbe. Cette guerre que tu appelles de tous tes voeux, ce seront surtout les forces des autres qui devront y contribuer."
Mais l'argument du Naib avait lui aussi été balayé.
"
Est-ce ma faute si mes mondes nataux ont été mis sous embargo définitif, hmmmm ?
_De par le fait, oui, avait souri Leto.
_
Mais l'Ellada m'a remis le moyen de continuer à la servir, malgré la sanction injuste appliquée à mon encontre. Nul ici ne peut nier le fait que ma force augmente jour après jour. Je participerai à cette guerre et cette participation sera exemplaire !"
Le vote définitif eut lieu lorsqu'il fut clair que les Bivouak, se sentant forts, ne changeraient pas de position.
Il fut sans appel. L'Ellada entrait en guerre.
Alors Anudar grimpa sur la scène du rhéteur et il fit la déclaration de guerre que tous attendaient, et qui fut aussitôt communiquée aux instances diplomatiques de l'Univers tout entier :
"
A vous, Spartiates, et à vous, Agogêoï de l'Ellada, regardez, écoutez ! Aujourd'hui, l'Ellada entre en guerre !
Oui ! Depuis trop longtemps, les barbares de l'Alliance Bivouak soumettent plusieurs de nos chers Agogêoï à l'injuste pillage. La semaine dernière, nous vous avons proposé de donner fin une fois pour toutes à cette situation inacceptable. Votre opinion ne permet pas d'avoir une seule once d'hésitation : l'Ellada vengera les siens !
L'Ellada toute entière déclare donc la guerre à l'Alliance Bivouak. Ce soir, à 20 h, temps universel, considérez que toute planète affichant la bannière des Bivouak est vôtre ! Qu'il ne reste pas un seul vaisseau Bivouak intact dans cet univers, que désormais, tremblent les soldats Bivouak à l'arrivée du moindre de nos Hoplites !
Lorsque cette guerre prendra fin, et que l'Ellada sera victorieuse, les chefs ennemis défaits viendront ici, poussés par nos lances, déposer leur étendard de bataille afin de décorer notre Selamlik. Ainsi, nul ne pourra oublier notre victoire. A nos ennemis en cette guerre, nous souhaitons malgré tout de revenir un jour sur les mondes qui leurs sont chers... Que la chance soit de notre côté. Que le jeu soit bon.
"

La déclaration de guerre anti-Bivouak fut aussitôt suivie de l'annonce, de la part des TotalA, de leur engagement aux côtés de leurs alliés Bivouak.
Le fait avait été attendu et la réplique prévue par la Boulê de l'Ellada. Les alliés conquis par la rhétorique de la Marpessa Caram_elle, respectant les termes de leur accord avec l'Ellada, vinrent aussitôt annoncer leur soutien. Et ainsi, le confit entre Nurgle et Vitrail dégénéra en guerre entre quatre communautés.
Partout, les chantiers spatiaux se mirent à tourner à plein régime, afin de répondre aux besoins de l'effort de guerre cependant que la planète centrale de l'Ellada recevait soudain affluence de nouvelles délégations.
Certaines d'entre elles furent celles des alliés temporaires de l'Ellada dans ce conflit, venues pour faciliter les indispensables contacts sans lesquels la stratégie commune ne pourrait être définie.
D'autres furent celles des ennemis de l'Ellada, celles des Bivouak/TotalA, que la déclaration de guerre avait amenées à diminuer leur superbe... eux qui avaient refusé auparavant toute forme de négociation, venaient à présent protester de leurs bonnes intentions.
D'autres enfin furent celles de curieux - s'invitant sans vergogne dans des discussions qui ne les convernaient guère - mais aussi de parasites - venus dans le but de ramasser des miettes, ou comploter dans l'ombre l'avancement de leurs propres desseins.

La guerre s'installa, sans qu'au début le conflit ne soit très cruel. La plupart des protagonistes n'avaient pas de flottes conséquentes - hormis chez les alliés temporaires de l'Ellada, et ceux-ci ne se manifestaient guère par leur activité dans la guerre. Cependant, le harcèlement quotidien se mit à peser de part et d'autre, cependant que le conflit durait.
Chacun voyait s'éloigner, en effet, l'espoir que la guerre ne durerait pas. Les positions, bien tranchées dès le départ, étaient devenues plus sensibles encore suite aux tentatives avortées de négociation. Et, tandis que les Héros de l'Ellada entraient en scène, les flottes ennemies adoptaient la tactique "hit and retreat" - comptant sur l'usure du moral adverse.
Ainsi, Odysseos Hermes, le Héros plein de ruse, devint-il la terreur des TotalA de son quadrant spatial ; ainsi, Menelas Master_Killers mit à profit sa flotte, l'une des plus puissantes de l'Ellada, pour répandre l'inquiétude dans le quartier général ennemi.
Mais, pendant ce temps, les Agogêoï de l'Ellada, toujours soumis à une pression croissante, semblaient souvent désemparés face à un ennemi retors. Certains d'entre eux, toutefois, s'illustrèrent au combat : ainsi, Clementiel qui deviendrait un jour Presbeutès de l'Ellada s'attira-t-il, par son ardeur au combat, le respect de tous les protagonistes.


"Il serait temps de frapper un grand coup, déclara Faroux au grand conseil de guerre.
_Nos alliés semblent bien peu décidés à nous prêter main-forte, renchérit Leto. Jusqu'alors, nous avons été pour ainsi dire seuls à livrer bataille...
_J'ai un plan, gronda le farouche Naib. Mikachou, un bon ami à moi, tient sous sa phalange de capteur un TotalA du nom de DeathMaker...
_Je vois qui c'est, fit Anudar. Il a installé une colonie temporaire dans le système Arrakis où Leto possède sa capitale... Et où j'ai installé ma colonie Themistocle..."
Sur la grande carte de la quatrième galaxie, l'Orateur fit apparaître le système en question. Le système voisin était celui de la capitale de Faroux.
"Depuis le début de ce conflit, ma force a pris de l'ampleur, reprit le Naib. A présent, je suis en mesure d'éliminer la menace de DeathMaker."
Les féroces Fedaykin de Faroux tinrent parole pour leur chef. Lorsque Mikachou eut remis la précieuse information du retour de la flotte de DeathMaker, ils s'élancèrent à l'assaut.
Quelques heures plus tard, ils revenaient victorieux, cependant que les ruines brisées des vaisseaux de DeathMaker chutaient sans fin dans le vide spatial, en orbite de sa colonie temporaire... accompagnés cependant d'un cadeau de consolation - une lune dont la menace potentielle conduirait le Naib et l'Orateur à travailler pendant de longues journées afin de mettre les mondes centraux du Naib à l'abri.

A la même époque, se produisit un événement d'une portée si grave que le Triumvirat de l'Ellada ne put que réagir au plus vite...
Le conflit avait attiré nombre de diplomates et certains d'entre eux s'étaient faits des plus insistants. En particulier, l'Ambassadrice Oda de la République Black Sun réclamait avec ardeur l'instauration d'un pacte de jumelage entre l'Ellada et sa République - en contrepartie d'un soutien militaire discret contre les Bivouak/TotalA. Le Triumvirat et les Magistrats de l'Ellada, bien que conquis par cette proposition, hésitaient à l'accepter - conscients que la force de la République n'était pas au niveau de celles engagées dans la guerre. Aux questions de plus en plus pressantes de l'Ambassadrice, ils répondaient en délayant... Jusqu'au jour où Oda, furieuse, vint présenter une lettre de protestation officielle des Black Sun.
Citronman venait d'attaquer l'un des leurs.
Le Naib Faroux partit aussitôt en mission diplomatique d'urgence sur la capitale Black Sun, présentant les excuses les plus sincères de l'Ellada et proposant un remboursement total de ses dégâts au seigneur Ariankas. Et, dans le même temps, la Boulê de l'Ellada se rassemblait, pour discuter d'un grave sujet qui n'avait jamais été abordé jusqu'alors.

De : Anudar Bruseis, Orateur de l'Ellada Ultima.
A : Citronman, Drômon de première classe.
Objet :
Convocation à la session extraordinaire de la Boulê.
Corps du message :
Citronman, je te contacte pour te faire part de cette convocation. J'insiste sur son importance et te recommande de ne pas être absent... Il se pourrait bien que ce soit la dernière occasion pour toi de te défendre devant notre Boulê avant que celle-ci ne prenne une décision irrévocable te concernant.
Comme tu le sais, ton refus obstiné de suivre les consignes de stratégie de groupe, ainsi que ta décision de retirer tes forces du conflit au motif que tes attaques n'étaient pas assez rentables ont déplu à bon nombre des nôtres. Ton attaque sur Ariankas pourrait bien être la goutte d'eau qui fait déborder le vase... Certains à la Boulê réclament déjà ton bannissement. Je ne pense pas moi-même que ta position soit défendable mais je souhaite cependant te donner l'occasion de parler une dernière fois devant nous tous. Peut-être que ta conduite pourra se justifier.
Nous t'attendons d'ici à deux heures.

Pour obéir aux lois.

Sur la scène du rhéteur, les dirigeants de l'Ellada se tenaient, pensifs et sombres, en attente. Devant les gradins, la place vide à laquelle Citronman aurait dû se tenir - et où son absence était compensée par la présence de son étendart, descendu tout exprès de la coupole où flottaient ceux de toute l'Ellada.
Le Duc Leto se leva de son dais et s'avança sur la scène du rhéteur, point de convergence de tous les regards...
"
La Boulê appelle le Drômon Citronman ! déclara-t-il.
Un silence de mort tomba sur l'amphithéâtre.
"
Citronman ! appela encore Leto.
Les yeux de tous se tournèrent vers les portes, comme s'ils s'attendaient à voir entrer celui que le Duc réclamait - bien que nul vaisseau marqué de son emblème n'ait été annoncé à l'approche.
"
Citronman ! répéta encore le Duc.
Il attendit un instant, puis s'adressa soudain à l'étendart comme si Citronman venait de faire son apparition...
"
Citronman, dit-il, l'Ellada t'accuse de plusieurs faits des plus graves, que tous ont pu constater... Insubordination : malgré les consignes répétées de nos stratèges, tu as refusé d'attaquer les cibles qui t'étaient désignées, préférant payer envoyer tes vaisseaux à l'assaut de cibles plus lointaines et plus juteuses à tes yeux. Désertion : lorsque nous avons été nombreux à te reprocher tes actes, tu nous as informés de ton intention de te retirer de cette guerre, nous laissant ainsi seuls face au danger. Haute trahison : bien que nos relations amicales avec la République Black Sun t'aient été connues, tu as choisi, en toute connaissance de cause, d'attaquer l'un des leurs - et de refuser ensuite de rembourser les dégâts occasionnés. As-tu quelque chose à dire pour ta défense, Citronman ?"
A l'extrémité de sa hampe, l'étendart pendait en silence. Anudar, le menton appuyé dans sa main, fixait l'emblème au citron qu'il affichait. A son message, Citronman n'avait pas jugé utile de répondre.
"
Les dirigeants de l'Ellada ont choisi, en l'absence de toute réaction de ta part, de te chasser de nos rangs, reprit Leto. Citronman, tu n'es plus le bienvenu en terre elladique."
Et sur un geste qu'il fit, les Hoplites de la garde s'avancèrent vers l'étendart, qu'ils arrachèrent du sol, avant d'y découper le casque elladique par lequel avait été proclamée l'appartenance de Citronman à l'Ellada.
"
Simulacre de procès ! s'écria soudain quelqu'un.
Les Hoplites s'interrompirent, cependant que tous les regards se portaient vers celle qui venait de prendre la parole.
"
Caram_elle ! fit Anudar, interloqué.
_
Ce procès n'est pas un procès ! dit la Marpessa d'une voix plus forte encore. Citronman n'est pas venu... mais comment s'en étonner ? Quelle chance avait-il de se défendre face à vous tous qui êtes venus ici pour le mettre à mort ?"
Elle désigna d'un geste plein de colère la bannière que les Hoplites indécis s'apprêtaient à mettre en pièces...
"
Caram_elle, nombre des nôtres réclamaient son bannissement ! fit Anudar en se levant et en s'avançant aux côtés de Leto.
_
Cette unanimité me dégoûte, répliqua son interlocutrice.
Et, d'un geste calculé, elle détacha de son vêtement les insignes elladiques - ceux-là même qui l'avaient identifiée comme diplomate de l'Ellada...
"
Non ! fit Anudar avec horreur lorsqu'il comprit ce qu'elle était en train de faire.
Un concert de protestations s'éleva de tous les gradins. Le Duc blêmit lorsqu'il vit que Caram_elle rejetait à présent le casque de hoplite miniature qu'elle avait porté à son col depuis le début de sa présence dans le Seizième Univers. Même le farouche Naib montra un certain malaise lorsqu'il la vit quitter l'amphithéâtre.
"
Caram_elle, reviens, je t'en prie ! réclama l'Orateur. Sans toi, l'Ellada n'est plus l'Ellada !"
Elle se retourna et lui adressa un regard triste.
"
Il faudra bien que vous appreniez à vous débrouiller sans moi, dit-elle d'une voix calme.
Et elle sortit de la Boulê sans plus répondre aux appels des Homoïoï et des Agogêoï désemparés. Anudar fixa un long moment la porte par laquelle la Marpessa était partie, puis il cogna de son poing le mur le plus proche - laissant une marque rouge contre le marbre.
"
Poursuivez la cérémonie, ordonna le Duc d'un ton dur.
Les Hoplites allumèrent des torches qu'ils approchèrent de l'étendart de Citronman, y portant ainsi les flammes que tous contemplèrent d'un air féroce.
C'est alors que des pas précipités se firent entendre dans le couloir. Un membre du pavillon diplomatique fit irruption dans l'amphithéâtre, annonçant d'un cri :
"
Les alliés de l'Ellada viennent d'annoncer qu'ils se retirent de la guerre !"


"L'Ellada est-elle en train de tomber, Leto ? Est-ce la fin ?"
L'Orateur Anudar Bruseis, saisi par le doute, avait demandé aux deux autres Triumvirs de le rejoindre dans un cône de silence de la capitale afin qu'ils puissent s'y entretenir des graves événements qui s'étaient produits dans les heures tout justes passées.
"
Peut-être, répondit le Duc. Et peut-être pas. Le départ de notre Marpessa Caram_elle nous assomme tous, cependant... Tu remarqueras qu'elle ne se retire pas de la guerre pour autant. Ses forces continuent à se battre à nos côtés, à défaut de le faire sous notre bannière.
_
Par ailleurs, la trahison de nos alliés ne fait qu'entériner un problème ancien à présent, ajouta le Naib Faroux. Leur participation à ce conflit m'a toujours semblée quelque peu...
_
Relâchée, fit Anudar à voix basse. Contrainte, peut-être ?
_
Quoi qu'il en soit, reprit Faroux, celui des leurs à jouer le jeu les a quittés... Rejoignant Caram_elle pour honorer sa parole."
Anudar éleva sa main plongée dans un bandage nanotechnologique, et cracha entre ses dents :
"
Lui ! De ces traîtres que nous avions accueillis sur notre sol, il fallait que ce soit lui qui choisisse de rester à nos côtés ! Sa seule présence m'est un supplice...
_
Essaie de te contenir, prévint Leto. Sa contribution au conflit...
_
Je suis certain qu'il est responsable du départ de Caram_elle, l'interrompit Anudar.
_
Peut-être. Et peut-être pas.
_
L'heure n'est pas à ce genre de controverse stérile, intervint Faroux. Nous avons une guerre à mener."
Anudar eut un faible sourire.
"
Ah, la guerre, marmonna-t-il. On l'oublierait presque... Un bannissement, une défection, une rupture d'alliance... et la guerre qui s'éternise, en plus de cela.
_
Nous avons encore nos Héros, dit Faroux. Ainsi que nos Agogêoï dont la plupart se montrent féroces au combat malgré la démesure des forces en jeu.
_
Peut-être pourrions-nous appeler nos amis OLCHO à la rescousse ? proposa Leto.
_
Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée, dit Faroux. Si nous continuons le conflit seuls, nous renforcerons notre prestige...
_
Tandis que si nous appelons des alliés à l'aide, nous montrons que nous sommes faibles, fit Anudar. Faroux a raison. Cette guerre, nous l'avons ouverte seuls, nous la terminerons seuls.
_
Soit, approuva Leto. Pensez-vous alors que nous puissions l'emporter sur nos ennemis ?"
Le silence qui s'établit était bien éloquent.
"
Nos forces équivalent aux leurs, finit par dire Anudar. Nous ne sommes pas faibles... mais nous ne sommes pas en mesure d'emporter la décision.
_
Pas plus qu'eux, gronda le Naib.
_
Alors, il faut obtenir le match nul, conclut Leto.
_
En tant qu'agresseurs, si nous proposons le match nul, répondit Anudar qui commençait à s'animer, nous reconnaissons que nous avons été dépassés par nos ambitions."
Les trois se regardèrent.
"
Alors, nous attendrons qu'ils le proposent, dit Faroux.
_
Et s'ils ne le proposaient pas ? se demanda Leto.
Il observa un court silence.
"
L'Ellada tombera, dit-il d'une voix sinistre.
_
L'Ellada ne tombera pas, fit soudain Anudar. Ceci n'est qu'une crise, la première. Nous en connaîtrons d'autres... Nous en sortirons changés, mais plus forts."

Le ballet des navettes diplomatiques continuait toujours entre la capitale de l'Ellada et les civilisations extérieures. Les délégations, toujours aussi nombreuses, venaient de mondes souvent lointains. L'Ambassadrice Oda de la République Black Sun, toujours occupée à son intense lobbying, était désormais presque éclipsée parmi une multitude d'ambassadeurs qui avaient tous quelque chose à offrir et à demander.
Revêtu d'un simple uniforme de Drômon, l'Orateur Anudar Bruseis prenait parfois quelques instants pour arpenter le parvis des ambassades... Anonyme perdu dans la foule, il aimait oublier quelques instants les difficiles tractations diplomatiques ouvertes avec les TotalA, leur chef Fox ayant reçu pouvoir des Bivouak pour les représenter devant l'Ellada.
Anudar avisa soudain un jeune étranger assis à un banc. La mine du personnage lui était familière - et sa mémoire lui permit de l'identifier.
"
Tu es Kyp Karad, lui dit-il en s'approchant.
L'autre, méfiant, hocha la tête.
"
C'est toi qui voudrais rejoindre l'Ellada bien que nous soyons en temps de guerre ?
_
Oui, monsieur, répondit le jeune homme toujours assis. Mon épée, mes mondes, je remets tout aux ordres de l'Ellada - si celle-ci veut bien m'accepter.
_
Tu sais ce que notre Naib et notre Bashar ont dit ?
_
Que je n'ai pas la force nécessaire pour affronter l'ennemi contre lequel vous combattez... Mais c'est sans importance. Je veux servir l'Ellada. Je ne souhaite pas m'intégrer à une autre communauté."
Anudar hocha la tête, le salua, puis tourna bride.
"
Hé ! Qui êtes-vous ? lui demanda Kyp Karad en se levant soudain.
Anudar tourna la tête sans s'arrêter, pour lui lancer :
"
Quand la guerre sera terminée, l'Orateur t'attendra dans ses bureaux sur Théra. Je pense que tu lui feras bonne impression."

Les murs de la Cité restaient immuables, ainsi que les statues des dieux et des Héros de l'Ellada, gardiens fidèles et inflexibles. Sous le soleil de l'après-midi, les rangs de l'amphithéâtre du pouvoir n'étaient cependant plus peuplés de la même façon qu'au début de cette guerre... Certains manquaient, partis de leur fait ; un autre avait été renvoyé pour faute. D'autres les remplaçaient, nouveaux visages dont la loyauté se vouait déjà aux lois de l'Ellada... Et sur les gradins des invités, apparaissaient de nouvelles silhouettes, celles des diplomates Bivouak et TotalA.

Dans le plus grand silence, l'Orateur se leva de son dais et s'avança vers la scène du rhéteur... Tendant ses mains ouvertes vers les gradins de l'Ellada, il prit la parole comme il l'avait fait au début de la guerre :

"A vous tous, égaux de notre belle Ellada, étudiants de notre chère Agogê, à vous aussi, adversaires Bivouak et TotalA, regardez, écoutez !

"Cette guerre fut ce qu'elle fut. Elle a permis à tous de découvrir quelle était notre force, quelle était notre faiblesse. Nous avons tous souffert, nous avons tous connu de meilleurs moments. Nous avons combattu le pire des ennemis, celui qui nous ressemble.

"Les TotalA, prenant eux aussi conscience de ces faits, nous ont fait une ouverture diplomatique, envisageant de mettre fin à ce conflit malheureux... Nous avons alors décrété la trêve des armes pour nous permettre d'examiner ce qu'ils nous proposaient.

"Notre vote interne ne laisse pas de place au doute. L'Ellada reconnait le match nul au terme de cette guerre. A ce titre, la trêve des armes est transformée en paix !"

Des applaudissements s'élevèrent des gradins...

"Nous allons désormais examiner le reste de votre proposition, reprit l'Orateur lorsque les applaudissements se furent apaisés. A ce titre, nous invitons votre ambassadeur à revenir occuper sa représentation diplomatique parmi nous."

Dans le grand amphithéâtre, l'Orateur marque un temps d'arrêt.
"
La première guerre de l'Ellada venait donc à peine de prendre fin qu'un combat déjà plus difficile encore nous attendait : celui de la Renaissance..."
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